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Le Mouton à 5 Pattes

Renards, Papillons et Amazonie – La sélection naturelle de la semaine #1

Comme chaque semaine, retrouvez une sélection d’informations en lien avec le monde du vivant. Considérez-la comme un cabinet de curiosités, structuré et désordonné à la fois…

Le renard : un nuisible à utilité variable ?

Deux "nuisibles" surpris en plein câlin

Deux « nuisibles » surpris en plein câlin

Toujours considéré comme nuisible dans la quasi-totalité des départements, le renard pourrait retrouver grâce aux yeux des hommes. Une étude a montré que l’animal faisait baisser le nombre de tiques infectées par la Borrelia burgdorfer, une bactérie responsable de la maladie de Lyme. La plupart du temps, cette bactérie est transmise à la tique par des rongeurs au cours d’un repas de sang. Mais lorsque les renards rôdent, les rongeurs se montrent plus discrets et les tiques se rabattent donc sur d’autres espèces moins porteuses de la bactérie, comme les oiseaux. Une découverte suffisante pour mettre fin à un massacre annuel de 600 000 renards ?

En savoir plus :  http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/royprsb/284/1859/20170453.full.pdf

« La chasse au renard : l’inqualifiable à la poursuite de l’immangeable. » Napoléon Bonaparte

Des nuits blanches chez les papillons

La nuit, les pollinisateurs nocturnes boudent les fleurs situées aux abords des villes éclairées. Perturbés par la lumière artificielle, les papillons de nuit diminuent leur visite et réduisent le succès reproducteur de ces plantes, hypothéquant ainsi leurs futures ressources. Un véritable cercle vicieux révélé cette semaine par des chercheurs de l’université de Bern.

« Quelle chose horrible pour nous, en tant qu’espèce, de vivre dans un crépuscule permanent et de ne jamais être en mesure de voir les étoiles » Travis Longcore, spécialiste de l’écologie urbaine

En savoir plus : http://www.nature.com/nature/journal/v548/n7666/full/nature23288.html

Un loup hypersociable à l’origine du chien

Ce n’est pas l’intelligence qui différencie le chien du loup, mais leur niveau de sociabilité ! Une équipe de chercheurs vient de mettre en évidence une différence génétique fondamentale entre les deux animaux : le chien disposerait des mêmes marqueurs génétiques que les personnes atteintes du syndrome de Williams-Beuren, un trouble caractérisé par des retards de développement et un comportement « hypersocial ». Assurément un facteur clé de leur domestication…

En savoir plus : http://advances.sciencemag.org/content/3/7/e1700398

Les arbres d’Amazonie créent leur propre pluie

D’où viennent les pluies abondantes d’Amazonie ? Des chercheurs ont confirmé la théorie de l’écologiste Michael Keller : en relâchant massivement de la vapeur d’eau depuis la face inférieure de leurs feuilles, les arbres créent des nuages qui leur restituent l’eau sous forme de précipitations. Ce mécanisme encore mal connu serait même à l’origine du déclenchement de la saison humide dont l’humidité provient surtout des océans. Une découverte de plus qui montre que les végétaux ne sont pas de simples êtres passifs et que la déforestation pourrait bien provoquer des conséquences inattendues…

En savoir plus : http://www.sciencemag.org/news/2017/08/trees-amazon-make-their-own-rain

« Je ne fais que planter des arbres : je sais que je suis trop vieux pour jamais pouvoir profiter ni de leurs fruits ni de leur ombre, mais je ne vois pas de meilleur moyen de m’occuper de l’avenir »  Francis Hallé

Incendies de l’été : combien de temps pour restaurer ?

Depuis le début de l’été, 7500 hectares de forêt ont brûlé en France. Et plutôt qu’une action de réhabilitation d’urgence, souhaitée par le ministre Nicolas Hulot, mieux vaut laisser faire la nature. Les espèces qui repoussent sont adaptées au feu qui fait partie d’un cycle naturel : sur la plupart des feuillus et quelques résineux comme le genévrier, de nouvelles pousses apparaissent spontanément après un incendie (on parle de « rejet »). Et la repousse profite ainsi d’un système racinaire qui existe toujours. Pour les autres résineux, la régénération se fait par les graines situées dans les cônes et protégées par une résine qui fond au contact du feu. La fertilisation du sol par les cendres et la concurrence presque inexistante vont initier un processus qui va durer plusieurs dizaines d’années : « on observe l’apparition d’une garrigue basse, puis haute, des pins et enfin des feuillus. » Seul bémol : pour se régénérer entièrement, la forêt doit disposer d’une longue période dépourvue de tout incendie.

« Le caractère pyrophile de la forêt méditerranéenne est le résultat d’une longue évolution qui remonte au moins au Néolithique. L’intensification des incendies, liée au développement des cultures et à la nécessité d’ouvrir des espaces de pâturage pour les troupeaux domestiques, a largement contribué à diffuser les chênes sempervirents et les pins méditerranéens, au détriment parfois de forêts caducifoliées préexistantes. » Vincent Clément

Le combat naturel de la semaine

L’État français a décidé d’abattre 40 loups pendant l’année 2017-2018 (arrêté cosigné par les ministres Nicolas Hulot, en charge de l’écologie, et Stéphane Travers, en charge de l’agriculture).

Les associations de CAP Loup, soutenues par des personnalités publiques, ont publié un manifeste pour s’opposer à cette politique qu’ils estiment menée « sous la pression des lobbies agricoles et cynégétiques ».

En savoir plus : http://www.cap-loup.fr/actualites/campagnesosloups/

Les 6 photos naturelles de la semaine

A propos du rédacteur

Martin

Journaliste scientifique

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